Nathalie Cougny et Eric Coudert _ crédit photo _ @BrunoAutin
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Le piège du confinement pour les enfants maltraités !

Interview à lire et à écouter en podcast

Bonjour Nathalie Cougny, vous êtes Écrivain, artiste peintre, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et la maltraitance des enfants, vous êtes notamment membre de StopVEO, Enfance sans violences, je vous ai reçue plusieurs fois dans l’émission, la dernière fois c’était pour parler du Harcèlement à l’école et de votre programme d’intervention en établissements scolaires. Si je vous reçois aujourd’hui, c’est pour alerter sur la situation des maltraitances infantiles dans cette période de confinement. Nathalie Cougny, en quoi le confinement accentue les facteurs de maltraitance sur les enfants ?

Bonjour Eric et merci de me recevoir dans votre émission. Il faut savoir que 80% des maltraitances ont lieu au sein de la famille, il est donc évident que cette situation de confinement va accentuer le stress, l’agressivité, l’angoisse, l’énervement, et va davantage favoriser le passage à l’acte.

Les enfants qui subissent des violences sont en permanence avec le ou les parents violents, donc dans un huit clos terrifiant. C’est une vraie catastrophe pour ces enfants qui n’ont aucun moyen d’échapper à cette situation. Deux enfants sont déjà morts, un garçon de 6 ans sous les coups de son père, en l’absence de la mère et un bébé de 3 mois, l’autopsie a révélé deux fractures du crâne, des hématomes intracrâniens, et traces « d’autres faits de violence », le couple a été incarcéré.

De plus, les facteurs négatifs liés au confinement comme la situation économique, l’inactivité, le manque d’espace, les inégalités, sont des facteurs aggravants. Les enfants maltraités sont pris au piège. Il y a plusieurs cas rapportés d’enfants ou d’adolescents qui s’isolent toute la journée dans leur chambre pour éviter de croiser leurs parents, c’est valable aussi pour les violences sexuelles. D’ailleurs on constate aussi une hausse des signalements concernant les prédateurs sexuels sur le Net, les enfants étant davantage connectés. Les familles qui sont d’ordinaire visitées par l’aide sociale à l’enfance ne le sont plus ou très peu, même si un lien via WhatsApp est maintenu pour certains.

Notons également que les parents qui d’ordinaire ne sont pas violents risquent de le devenir, ne supportant plus les enfants 24h sur 24, entre le télétravail, les devoirs, la promiscuité et la peur face à ce virus, il y a un risque élevé. Rappelons que les enfants sont des êtres fragiles, vulnérables et sans défense et qu’eux aussi vont développer un stress supplémentaire qu’il faut gérer.

On parle des enfants mais je voudrais faire une parenthèse : Il faut savoir qu’il y a aussi les violences conjugales ?

Oui, bien sûr, cette situation particulière touche toutes les personnes qui subissent des violences, les femmes aussi. Il y a eu 32 % de signalements de violences conjugales en plus en zone gendarmerie en une semaine et + 36 % dans la zone de la Préfecture de police de Paris en une semaine également, fin mars.

Le problème est le même que pour les enfants, j’ai envie de dire que c’est pire pour les enfants, mais les femmes qui subissent des violences peuvent difficilement appeler le 3919 alors qu’elles sont enfermées avec  leur agresseur, d’ailleurs le 3919 recevait un peu moins d’appels qu’en temps normal en mars, mais plus d’urgences. Ce qui peut se comprendre puisque ces femmes sont enfermées avec leur agresseur, pour peu qu’il leur interdise de sortir, elles n’ont plus aucun contact. Par contre, on a noté fin mars plus de 300 alertes en 1 mois par SMS au 114, le nouveau numéro mis en place.

Revenons à présent sur les maltraitances infantiles, pouvez-vous nous rappelez les différentes formes de maltraitances ?

Oui, il y a la violence physique, les coups, toutes sortes de coups, brûlures, etc. La violence psychologique, insultes, humiliations, chantage, punitions démesurées, les violences sexuelles : viol, attouchements, exhibition, corruption de mineur et la négligence, le fait de ne pas s’occuper correctement de son enfant. Et puis toutes les autres violences : prostitution de mineurs, exploitation des enfants, excision, mariage forcé …

Nathalie Cougny, il y a eu pendant longtemps des débats sur la fessée, où commence la violence, est-ce que donner une fessée c’est de la violence ?

Alors, la violence peut commencer dans le ventre de la mère si elle subit des violences, qu’elles soient physiques ou environnementales. Des études ont montré que si la mère vit une grande situation de stress, cela touche directement le bébé qui perçoit ce stress et cela freine déjà son développement intra utérin. Par exemple dans les pays en guerre on sait que les bébés naitront avec une atrophie des émotions dans le cerveau, si la mère a été stressée par son environnement. Il est donc essentiel pour la mère d’être dans un environnement serein et protecteur.

Le problème en France est que la violence est ancrée dans le schéma de fonctionnement de la famille depuis très longtemps, déjà dans le code qui date de Napoléon il y a « le droit de correction » qui d’ailleurs existe toujours, il n’a pas été supprimé. Donc il était normal de battre son enfant. On commence vraiment à protéger les enfants et à leur donner des droits qu’au début du 20ème siècle et surtout après la seconde guerre mondiale, donc c’est assez récent. Il faut se remettre dans le contexte, il n’y a qu’en 1989 que l’ONU arrive à définir au niveau du droit ce qu’est l’enfance, pendant 200 ans c’est resté flou, personne n’arrivait à définir cette période, ce qu’était un enfant. Jusqu’à la fin de 19è siècle l’enfant est considéré comme un être pervers même par des médecins et psychiatres, et ce n’est qu’à partir du 20è siècle que l’enfant est reconnu comme un sujet à part entière.

Il faut aussi se rappeler que la première tentative de déclaration des droits de l’enfant est approuvée en 1924 par les Nations et qu’elle entre en application, adoptée par l’ONU, seulement en 1990 : 66 ans plus tard ! On peut donc dire que tout ce qui se rapporte aux enfants est toujours long … On oublie que l’enfant est « petit » donc, à protéger, mais il est aussi un individu ayant les mêmes droits que toute autre personne. C’est peut-être parce qu’il est petit qu’on pense que tout est permis et qu’un enfant a moins d’importance, alors que c’est tout le contraire puisque les premières années de vie sont primordiales pour son futur. Or, avant l’enfant n’était rien et aujourd’hui on mise tout sur lui, il faudrait peut-être trouver un juste milieu, car dans un cas comme dans l’autre, c’est lui qui prend ! Cette pression exercée sur l’enfant est aussi une violence sociale …

Pour revenir à votre question, il a été prouvé encore récemment grâce aux neurosciences et à l’imagerie médicale que les violences avaient un impact très négatif sur le développement du cerveau et donc sur la construction de l’enfant. Cela semble logique. Donc oui, la fessée est une violence à plusieurs niveaux. D’abord pour celui qui la reçoit, il y a des fessées qui font très mal, il faut imaginer la force d’un coup d’un adulte sur un enfant … ensuite le geste en lui-même montre, non seulement que le parent est tout puissant et dominant et cela instaure déjà une position de dominant/dominé et, de plus cela montre à l’enfant que l’on peut obtenir ce qu’on veut par la violence. Je rappelle qu’environ 30% des enfants maltraités répéteront ce schéma à l’âge adulte.

L’enfant est une personne et même s’il est petit, il doit être respecté comme toute personne. Je ne pense pas que cela vous viendrait à l’idée de frapper un collègue de bureau ou un membre de votre famille, d’ailleurs c’est interdit et il pourrait porter plainte, parce que vous n’êtes pas d’accord avec lui ou parce qu’il n’a pas fait quelque chose comme vous le souhaitiez, pourquoi il serait autorisé de frapper les enfants ? D’ailleurs ça ne l’est plus non plus. Mais c’est une habitude, un mauvais réflexe, frapper, punir, est plus facile que de prendre du temps pour expliquer, informer les enfants. Un enfant, même petit, n’a pas besoin d’une tape sur la main ou sur les fesses pour comprendre qu’il fait quelque chose qui n’est pas bon pour lui ou pour les autres. Un enfant même petit comprend très bien quand vous lui dites « Non ! », il entend un son de voix différent et perçoit ce que dit votre visage. C’est le langage non verbal et il est très développé chez le petit enfant.

Un enfant qui vient au monde a tout à découvrir, il explore, il teste, c’est normal, on doit lui donner des limites, sans employer la violence, mais en expliquant pourquoi. Si les parents prenaient un peu plus de temps pour expliquer les choses, sans se positionner en dominant, cela permettrait une relation beaucoup plus riche et sereine entre parent et enfant, de respect mutuel et donc une relation plus harmonieuse. Un enfant ne doit pas avoir peur de son parent qui au contraire, est celui qui va lui permettre de se lancer dans la vie de la meilleure façon qui soit. Toute violence diminue les facultés de l’enfant à être un adulte bien dans sa peau, bien avec les autres et dans la société.

Avez-vous quelques chiffres à nous donner sur les maltraitances faites aux enfants ?

Oui, le premier est qu’un enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents en France. Il y a plus de 100 000 enfants en danger, beaucoup plus d’après les associations. 1 enfant sur 4 subit des violences physiques et 1 enfant sur 3 des violences psychologiques. 165 000 viols ou tentatives de viol sur mineur par an, 1 toutes les heures ; 4 millions de cas d’inceste … bref, les chiffres sont toujours affolants.

Est-ce que les violences faites aux enfants ont augmenté depuis le confinement ?

C’est difficile à chiffrer car ça ne l’est déjà pas vraiment en temps normal ! C’est difficile car il y a par exemple tous les décès de bébés ou d’enfants masqués en chute ou autres … Mais le 119 connait 20% d’augmentation des signalements depuis le début du confinement et surtout à partir de la 2ème et 3ème semaine, et ceux considérés comme urgents ont augmenté de 60%. C’est assez révélateur de ce qui semblait prévisible.

Nathalie Cougny, pouvez-vous nous rappeler ce que sont les conséquences de cette violence au quotidien pour un enfant ?

Les conséquences sont très nombreuses, je ne peux pas toutes les citer, ça va du cauchemar au suicide, en passant par des troubles multiples du comportement, décrochage scolaire, violence envers lui et les autres, anorexie, etc. Nous savons, comme je l’ai dit tout à l’heure, que cela a un impact direct sur le développement du cerveau. Je prends toujours l’exemple quand je vais dans les établissements scolaires du repli sur soi … mettez-vous à la place d’un enfant … plus vous êtes négatif avec lui, plus il se renferme et cela freine son développement, plus vous êtes positif, plus il s’ouvre et prend confiance en lui, c’est assez logique.

Qu’appelle-ton les VEO ?

Les Violences Éducatives Ordinaires sont les violences physiques (gifles, fessées, tapes), psychologiques (humiliation, chantage affectif, manque d’amour) et verbales (insultes, moqueries) qui sont utilisées pour éduquer les enfants et qui sont répétées, qui sont ordinaires, ancrées dans le modèle éducatif. 85% des enfants subissent des violences éducatives ordinaires en France, c’est dire l’ampleur, c’est tout un schéma d’éducation à déconstruire.

Je souhaitais souligner qu’une loi est passée en juillet 2019 interdisant les violences éducatives ordinaires. Cette loi a-t-elle était entendue ?

Oui, en effet, une loi a été votée en France le 10 juillet 2019, adoptée le 11 juillet, pour interdire les violences éducatives ordinaires au sein de la famille. Nous étions très en retard par rapport à d’autres pays. Mais une loi ne suffit pas, il faut des campagnes de prévention pour l’expliquer. Si on ne martèle pas auprès des parents et du public, ce que sont les VEO, ce qu’est cette loi et pourquoi elle a été mise en place, ça ne changera pas. Elle est peu connue du grand public et surtout la plupart des gens ne savent pas ce que sont les VEO et l’impact qu’elles ont sur les enfants. C’est comme la convention internationale des droits de l’enfant, qui la connait réellement ?

C’est pas le tout de coucher sur du papier des lois ou des droits si personne ne les connait et ne les applique. Aujourd’hui un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes dans le monde ; en France, 3 millions d’enfants vivent en-dessous du seuil de pauvreté ; le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Alors où est la protection des enfants et l’application de leurs droits pourtant inscrits dans la convention, dans les lois, que font réellement les gouvernements sur le terrain pour que ça change ? Parce que c’est à peu près la même chose dans de nombreux pays européens avec quelques variantes.

Quelles sont les grandes lignes de cette loi ?

C’est simple, elle dit que l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques, les parents ne doivent plus utiliser la violence pour élever leurs enfants. Le texte est d’ailleurs lu au moment du mariage. Ce n’est pas seulement une loi « anti fessées », comme décrit dans la presse, c’est une loi anti-violence, quelle qu’elle soit ! Le texte n’est pas assorti de nouvelles sanctions pénales, la maltraitance des enfants étant déjà punie de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.

Vous êtes à ce sujet en préparation d’un clip dans lequel vous expliquer ce que sont les violences éducatives ordinaires et dans lequel vous rappelez la loi, quelques mots sur ce clip ?

Oui, c’est un moyen de prévention et d’information, comme ce que j’avais fait avec le clip de prévention des violences sexuelles sur mineurs : « C’est mon corps, c’est ma vie ! », visible sur France tv éducation, celui-ci le sera également, j’ai déjà un accord préalable. Des enfants s’adressent aux enfants pour expliquer que cette violence éducative est néfaste pour leur développement. Le tournage a eu lieu mais nous devrons le terminer après le confinement. Il sera présenté au Secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, Adrien Taquet, j’ai rendez-vous avec deux de ses conseillers après le confinement pour présenter divers projets. Nous devons absolument faire de la prévention partout et donner d’autres moyens aux enfants pour se protéger !

Je me suis laissé dire que vous travaillez également sur un livre : Amour Amor qui parle de la relation mère-enfant (mères toxiques notamment), à travers une histoire d’amour de flammes jumelles, un livre qui sera publié aux Editions du Net, mais aussi sur un album jeunesse dont le sujet sera la maltraitance ?

Oui, j’ai réussi à trouver une maison d’édition jeunesse qui accepte de publier l’album sur les maltraitances. J’espère que ce sera toujours le cas à la sortie du confinement car les maisons d’édition subissent aussi de plein fouet cette crise et la mise en place de ce projet et la signature du contrat devaient se faire en mars, c’est donc reporté. Je pense qu’une synergie globale d’actions destinées aux enfants : clip, album, interventions dans les écoles et d’autres projets que j’ai en tête, comme un dessin animé, peuvent permettre de faire prendre conscience que toute cette violence doit cesser.

Les enfants seront les adultes de demain, je pense qu’on doit les informer aussi, d’ailleurs ils sont bien conscients des choses, je le vois quand nous leur parlons dans les écoles, mais ils sont comme « coincés » dans un monde d’adultes qui leur impose un modèle, d’obéir, sans dialogue pour une majorité. Quant à « Amour Amor » qui est un récit, décrit notamment la relation toxique mère-enfant et la place de la mère dans le bon développement de l’enfant, qui est primordial. Cette rencontre avec ma flemme jumelle a permis l’écriture de ce récit. C’est bien connu que les flammes jumelles ont cette particularité de mettre en lumière les souffrances de notre enfant intérieur, de les comprendre et parfois de les résoudre, ce qui a été la cas ici. C’est donc un récit de clairvoyance qui explique beaucoup de nos relations dans l’affect et permet de comprendre pourquoi nous sommes tant dépendants de notre mère dès la naissance et comment devenir soi-même. Le tout à travers une très belle histoire d’amour.

Nathalie Cougny, quel conseil donneriez-vous aux parents pour affronter cette période de confinement et surtout de quelle façon se comporter avec ses enfants durant cette période difficile ?

Cette situation est très difficile pour tout le monde, à des niveaux différents, car les habitudes sont cassées, il n’y a plus d’horaires, de cadre, de repères, donc pour certains il faut recréer un cadre, faire un planning de choses à faire, etc., alors que d’autres vont plutôt se sentir bien dans cette nouvelle vie sans contraintes. L’essentiel est de toujours avoir une ou plusieurs activités différentes pour ne pas déprimer ou tourner en rond, notamment.

Le gouvernement, les associations, des psychologues, les mairies, ont mis en place des accueils téléphoniques qu’il ne faut pas hésiter à contacter. Si on sent que ça ne va pas, il faut se faire aider, car l’enfant n’est pas responsable de cette situation. Ensuite, il faut prendre sur soi, nous ne réagissons pas tous de la même façon face au stress, à la peur, notre système émotif est différent de chacun, nous devons davantage écouter nos émotions pour les canaliser, être patient, prendre du recul et surtout relativiser. C’est le moment de partager de nombreuses activités avec ses enfants, de leur parler, de s’offrir des moments privilégiés que l’on n’a peut-être pas l’habitude de vivre pour mieux se connaitre et mieux s’aimer. Il y a également beaucoup d’activités gratuites proposées sur Internet, se mettre à méditer, pourquoi pas, en tout cas trouver des activités qui permettent aux enfants de se défouler un temps et d’autres qui apaisent aussi, respirer profondément quand ça ne va pas, s’isoler plutôt que de se laisser emporter par l’énervement et aller jusqu’à la violence.

Quelles mesures supplémentaires sont mises en place depuis le confinement ?

C’est difficile de mettre des mesures supplémentaires pour des enfants qui vont être enfermés chez eux ! Le 119 est plus que jamais actif, comme de nombreuses associations.

Les tribunaux sont fermés mais la justice maintient les procédures d’urgence. Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. La campagne de prévention de 2018 du gouvernement, le clip « Enfance en danger » a été réactivé à la télévision.

Pour les femmes victimes de violences conjugales, le 3919 a été renforcé, elles peuvent envoyer un sms au 114 et se rendre dans toutes les pharmacies de France pour signaler leur situation et aussi dans les centres commerciaux. Vous vous doutez bien que pour un enfant cela va être très compliqué durant cette période, qui risque de durer, voire impossible, de parler à quelqu’un des maltraitances qu’il subit, chacun doit donc redoubler de vigilance et signaler tout acte de violence, même en cas de doute.

Nathalie Cougny, en 2017 lorsque je vous ai reçue pour votre livre : « Dis, pourquoi tu m’fais du mal ? Mettons fin aux maltraitances faites aux enfants », aux Editions Sudarènes, vous aviez apporté quelques solutions pour mettre fin aux maltraitances faites aux enfants, vous disiez je vous cite : qu’il faut remettre de la raison dans notre société et dire la vérité. D’abord il me parait essentiel de faire de la prévention. Ensuite informer les familles. Il faut mettre des moyens financiers importants. Nous sommes en 2020, que diriez-vous aujourd’hui pour enfin mettre un terme aux maltraitances faites aux enfants ?

La nomination de monsieur Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, a été une très bonne chose puisque nous avions perdu un ministère entier dédié à la famille, ce qui est pour moi, mais pas seulement, une énorme erreur et une aberration, dans un monde où le statut de la famille évolue de façon considérable et rarement en faveur des enfants. Il a donc mis en place de nouvelles mesures, comme la prévention en amont des naissances ou le développement sur le territoire des différentes structures de protection de l’enfance.

Mais pour moi, il est indéniable qu’il faut aussi s’adresser aux enfants, aller à leur rencontre dans les écoles et collèges pour les informer de ce que sont les maltraitances, c’est ce que j’ai commencé à faire avec le programme « Les maltraitances, moi j’en parle ! ». Bien souvent, un enfant ne sait pas qu’il est un enfant maltraité ou abusé, nous l’avons vu nous-mêmes en allant à leur rencontre. Ils connaissent encore moins leurs droits, il faut donc s’adresser directement aux enfants. De plus, en dehors de l’aspect financier qui manque toujours, il faut des grandes campagnes de sensibilisation tout au long de l’année, pas seulement aux dates clés. Il faut vraiment s’impliquer auprès des enfants, pas seulement auprès des parents et adultes. J’ai plusieurs projets que je compte présenter lors de mon rendez-vous au ministère de la santé. Il faut absolument comprendre que tout doit être mis en place, avec une tolérance zéro, sur tout ce qui concerne les enfants.

En France, nous sommes encore loin de faire les choses dans l’intérêt unique des enfants. L’enfant doit davantage prendre part à sa vie, ce qui figure d’ailleurs dans la convention internationale des droits de l’enfant et cela semble logique, l’enfant n’est pas un objet, il est en droit de donner son avis sur ce qui le concerne, sans pour autant être un enfant « roi », un enfant est aussi le résultat d’une éducation.

Nathalie Cougny, je vous laisse le mot de la fin …

La vie passe vite, c’est pendant cette vie qu’il faut s’aimer, se le dire, et s’aimer c’est prendre soin, alors prenez soin de vous, de vos proches et surtout de vos enfants.

Informations :

Nathalie Cougny : www.nathalie-cougny-ecrivain.fr/

Stopveo : www.stopveo.org

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