Hervé Vilard : quelques petites dernières et puis s’en va

Hervé Vilard effectuera ses dernières à la chanson les 5 et 6 mai 2018 dans la belle salle mythique de l’Olympia qu’il affectionne tant, avant une tournée de quelques dates en France qui le conduira jusqu’à fin 2018. Le chanteur populaire, révélé en 1965 avec son tube inusable Capri c’est fini, qui a déclaré « ne pas vouloir faire pitié » a donc décidé de tirer sa révérence après près de 55 ans de carrière et une discographie malheureusement trop clairsemée (son dernier disque date de 2004). Il faut dire que l’artiste est trop lucide et exigeant pour s’égarer à s’affaler à faire, selon ses dires, un « disque pour faire un disque », à faire le combat de trop, obsédé que sa voix intacte « le lâche » (elle fait toujours des miracles) et scrupuleux de quitter la scène de la plus belle manière quand trop de ses pairs s’y attardent souvent pour le pire.

A cette occasion, Hervé Vilard interprètera ses plus grands succès (Fais-la rire, Mourir ou vivre, Les Anges du matin, L’Idiot, Rêveries, Je l’aime tant, Nous, Reviens et Méditerranéenne) mais aussi des chansons moins connues, raretés délectables, voire oubliées pour certaines d’une discographie aussi éclatante qu’éclectique. Ses dernières représentations parisiennes datent d’il y a plus de deux ans au Théâtre La Bruyère pour un tour de chant qui était consacré aux poètes. Le chanteur « populaire et fier de l’être » remettait alors joliment le couvert, plus de dix ans après le théâtre de Dix heures (déjà consacré aux poètes), en convoquant les poètes d’hier et d’avant-hier, ceux parfois oubliés de sa jeunesse. En effet, pour le chanteur fou de poésie, véritable ogre de littérature et de belles chansons, le talent n’a toujours eu d’intérêt que si on l’usait au contact des poètes. Mieux qu’un hommage à un cercle de poètes disparus, Hervé Vilard leur offrit ainsi une postérité chaleureuse et exigeante (« Hervé VILARD et nous.. », Universal).

Toutefois, à l’Olympia et en province, il célébrera le chemin accompli d’une carrière démarrée en 1964. Dans ce tour de chant aux allures de festin, ce seront davantage ses chansons aux mélodies mordantes ou fédératrices logées dans nos synapses et au fort taux de pénétration populaire qu’il interprètera avec cette façon toujours singulière d’offrir une proximité remuante à notre vie. Un spectacle qui sans nul doute une fois encore sera singulier et émouvant tant l’artiste, audacieux, libre comme l’air, réfractaire au devoir de médiocrité de l’époque pas homme à se laisser dicter choix ou conduite (il a toujours refusé les albums commerciaux de reprises et de duos), n’a eu de cesse de se diversifier et se réinventer (c’est l’un des artistes populaires à avoir fait le plus grand nombre de théâtres et de salles différentes à Paris). Et, nul doute également que l’interprète racé qui n’a eu de cesse de semer son besoin d’amour, ses sentiments fracassés savourera ce dernier tour de piste avec la même ferveur bouillonnante. Parce que l’essentiel a toujours été là dans sa vie, dans ces avalanches de partage, dans ce lien indéfectible, sublimement tenace et intact qu’il a eu avec le public au fil d’une carrière magnifique, débordante de fraternité. Et c’est pourquoi il est tant aimé.

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2017-11-23T13:14:42+00:00 23 novembre 2017|Quand les enfants dorment|0 commentaire

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